En mémoire . . .
Portrait de Music Zoran
"Je peins avec un minimum de moyens. Il y a une sorte de silence qui est peut-être un aspect caractéristique de mon travail."
  Notes de biographie              
Piste bibliographique
A lire sur l'artiste :
« Zoran Music », J. Grenier, Ed. Le Musée de Poche, Paris, 1970
« Zoran Music », Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 1972
« Zoran Music, l’oeuvre graphique », J. Clair, MNAM, Paris, 1988
« Zoran Music », Cat., Galeries Nationales du Grand Palais, Paris, 1995
A lire de l'artiste :
« Nous ne sommes pas les derniers », Cat., Musée des Beaux-Arts de Caen, 1995
Catalogue(s) raisonné(s)
Das graphische Werk 1947 bis 1962 », Rolf Schmücking, Galerie Schmücking Verlag, Braunschweig, 1962
Das graphische Werk 1947-1981 », Rolf Schmücking, Ed. Schmücking, Braunschweig, 1986
*« L'oeuvre peint 1970-1995 », Vol. II, Z. Music, Paris, 1995
L'oeuvre imprimé », D. Frélaut, Ed. Archives Music Venezia et Terra Ferma, Crocetta de Montello, 2010
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Estampe, lithographie, gravure, Music Zoran

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Music Zoran
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Lettre de Fabian ***
Paris, le 16 février 2009

Zoran Mušič est, pour moi, indissociable de Venise. Indissociable des soirs de brume au long des Zatterre, des lumières troublées au creux des lampadaires et de ces sourds et tremblants éclats violet que prennent les pavés de la place Saint Marc, les nuits d’hiver, lorsque nous sortons tous, Léon Gischia, Jean Lescure, Ida Barbarigo, lui, moi, du restaurant « All’Angelo » où nous dînons presque chaque soir. Il ressemble à cette ville ; à cette façon qu’elle a de se dérober, d’échapper, de se dissoudre.
Quand, un jour d’avril 1982, je rejoins le peintre dans son atelier près de l’Accademia, je le connais depuis quatre ans. Pourtant, il demeure inaccessible. Zoran, peu bavard, ne se livre pas. Son œuvre qui m’entoure parle sans doute pour lui mais elle est composée de squelettes aux yeux morts et dont les bouches, ouvertes, ne laissent échapper que des hurlements muets. A nous donc, de savoir entendre ce silence.
Ces cris, Mušič les porte en lui depuis toujours. Depuis ce soir d’automne 1944 où il est devenu le matricule n° 128231 dans l’enfer de Dachau. Armé d’un seul crayon, il dessine alors le souffle extrême des ses compagnons expédiés dans la machine à broyer l’humain. Il pense faire œuvre de « reporter ». Il ne sait sans doute pas que sa vie vient de basculer. Une fois sorti de la barbarie nazie, Mušič rejoint Venise et célèbre les paysages de son enfance, la lumière vénitienne ainsi qu’Ida, sa femme. Autant d’œuvres où l’on retrouve, curieusement, un tracé de l’origine des civilisations : Ida prend le visage des femmes de Pompeï ; un troupeau d’animaux de sa Slovénie natale devient dessin rupestre, comme si le premier homme grattait la roche pour y laisser un signe.
L’artiste est-il enfin « libre » ? Libre de peindre ce qu’il voit à ses côtés, dehors ? Sans doute l’a-t-il pensé. Puis la mémoire du déporté a rattrapé le peintre. A partir de 1970, Mušič regarde au fond de sa mémoire.
C’est alors l’heure de la série nommée « Nous ne sommes pas les derniers » : Trait après trait comme d’autres pas, après pas, Mušič livre son flot se souvenirs : la pointe sèche des gravures dit l’urgence : le trait est sec, rapide. Avec les toiles d’acrylique ou d’huile, l’indescriptible s’offre dans des tonalités ocres, sombres ; cendreuses. Nulle « orchestration », ici. Nulle « mise en scène » : ce qui gît là a été vécu.
Vers 1984, année où l’on peut dater la dernière œuvre de ce cycle, Zoran Mušič commence une série de portraits –voire d’autoportraits. Hommes assis. Hommes debout, regardant en arrière… De grands formats en teintes terreuses, où la présence semble surgir de l’absence. Dans une tentative d’existence. Ces silhouettes qui, jamais, ne semblent « achevées », sont l’ultime témoignage d’une quête de l’espèce humaine.
Je revois sa haute silhouette, habillée de gris, s’enfonçant dans le dédale des ruelles. Soudain, Mušič disparaît, happé par le brouillard. A nous de savoir le retrouver. Fabian, journaliste, amie de l'artiste.

Quelques mots de la main de l'artiste ***
*** Document en reproduction / Ce document n'est pas à la vente



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