L'artiste se considère avant tout comme un peintre. L'oeuvre gravé de Gérard Serée compte pourtant aujourd'hui près de 700 oeuvres, gravures isolées ou exécutées dans le cadre du livre d'artiste réalisé en collaboration avec des poètes (Le catalogue raisonné des livres de l'artiste compte 41 références pour la période 1992-2007). Gérard Serée a fait ses premiers pas dans l'art de graver au cour de ses études à la Villa Arson (Nice) ; il fréquentera plus tard, en 1989, l'Atelier du Safranier à Antibes. En 1992, afin de perfectionner sa technique, l'artiste retourne travailler à la Villa Arson auprès de Mon Chew Wong, peintre d'origine malaisienne et professeur de gravure ; ce dernier, qui a travaillé plusieurs années dans le célèbre Atelier Lacourière et Frélaut à Paris, lui donnera - entre autre - la passion du livre. Gérard Serée, pendant ses années d'apprentissage, expérimentera la lithographie et toutes les techniques de la gravure ; il abandonnera le travail sur la pierre ou la gravure au carborundum qu'il juge trop proche de la démarche du peintre. L'expérience venant, Gérard Serée se concentrera sur les techniques dont il se sent le plus proche : gravure au sucre, aquatinte, pointe sèche, burin, gravure sur bois. La gravure deviendra rapidement le média essentiel à sa créativité, l'artiste ne pouvant aujourd'hui s'exprimer sans elle. On notera que Gérard Serée ne dessine pratiquement jamais à la mine de plomb ou au fusain, mais avec un pointe sèche, un burin, un ciseau à bois ou une gouge. Le monde gravé de Serée lui est éminemment personnel : « Marécage. Blessures juxtaposées. Balafres. Hachures. Déchirures. Imposant univers fragile, » écrit Sophie Braganti.
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