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Picasso Pablo - Picasso et la presse Mai 2007

 



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La première page dessinée par Pablo Picasso pour « Le Patriote » parut à l’occasion du Carnaval de Nice, en 1951. Depuis la Libération, l’artiste était déjà intervenu dans ce qu’il était convenu alors d’appeler par euphémisme la presse communiste et démocratique. /…/ Ces dessins répondaient tantôt à un événement de société – rencontre franco-italienne de la jeunesse, création du Mouvement de la paix, Journée Internationale des Femmes – tantôt à un anniversaire. Cette page du roi Carnaval était tout autre chose. Elle marquait le caractère ludique d’une fête, populaire certes, mais que rien ne rattachait de près ou de loin au Parti et à ses luttes. Sans doute était-ce toujours avec le peuple, sans connotation politique, mais dans la joie. Au journal nous y vîmes une marque d’amitié. /.../L’artiste avait tressé des liens avec le pays. A Vallauris, il avait redécouvert l’art millénaire de la céramique, qu’il allait transcender. / … / En 1950, une invitation (de Picasso) à déjeuner m’avait encouragé à parler à Picasso de nos pages spéciales de Carnaval. La technique de leur fabrication l’avait intéressé et, à mon tour, je l’avais invité à venir une nuit où nous ferions de la couleur, pour en juger sur place. Il vint un soir à minuit. Il assista au montage des pages, mais s’intéressa particulièrement à l’atelier de photogravure, au filtrage et au repérage des couleurs, à la gravure des plaques, puis à la rotative. Pablo resta avec nous jusqu’au tirage, multipliant les questions directes aux uns et aux autres. Tout l’intéressait : le grammage du papier, l’ordre de passage des couleurs, la vitesse de tirage et même le prix de tout cela. Simple, direct, à l’aise sur un terrain qu’il connaissait, il partit après le début du tirage, le journal tout frais d’encre à la main, avec une promesse : « Je te ferai ta page ». / … / Cette page de ce peintre au sommet d’une gloire mondiale était déjà quelque chose d’extraordinaire. Picasso fit davantage. Il me proposa en plus du quotidien, et toujours à la rotative, un tirage à part de 1000 exemplaires de la page. Le jour de la parution, il viendrait les signer sur place aux acheteurs. / …/ Il n’aurait besoin pour cela que d’une table et d’une chaise dans le hall du journal. C’était une proposition extraordinaire et à peine croyable. Pourtant ce fut fait. Georges Tabaraud (avec son aimable autorisation), Extrait de « Picasso et la Presse » 2000.
 
     
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