En mémoire . . .
Portrait de Baj Enrico
"Tout peut servir à faire des tableaux."
  Notes de biographie              
Piste bibliographique
A lire sur l'artiste :
« Enrico Baj », Edouard Jaguer, Ed. Schettini, Milan-New York, 1956
« Enrico Baj », Ed. Filipacchi, Paris, 1980
« Die künstlerischen Avantgarden 1945-1964 », G. Huber, Ed. Mann, Berlin, 2003
« Discours sur l'horreur de l'art », avec P. Virilio, Ed. A. Création Libertaire
A lire de l'artiste :
« Lettres 1953-1961 », Ed. M.A.M, Collection
Catalogue(s) raisonné(s)
L’œuvre graphique et les multiples », 2 Vol. (1952-1970 et 1970-1973), Jean Petit, Ed. J. Petit-Rousseau, Genève, 1970 et 1974
*« Catalogo generale », E. Crispolti, Ed. Giulio Bolaffi, Turin, 1973
Catalogo generale delle stampe originali », Jean Petit, et autres Ed. Electa, Milan, 1986

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Estampe, lithographie, gravure, Baj Enrico

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Baj Enrico
Quelques notes de biographie ...

estampe, lithographie, gravure, dessin, livre illustré
estampes, lithographies, gravures, dessins, livres illustrés
signature manuscrite de Baj Enrico
ART LYRIQUE ou INFORMEL, TACHISME /1950-1960 / Jean Degottex, Georges Mathieu, Jackson Pollock, Emil Schumacher, Emilio Vedova, etc.
SURREALISME /1924-1969 / Oscar Dominguez, Marcel Duchamp, Yves Tanguy, etc.
Affiche d'exposition Baj Enrico 
  Quelques notes de biographie . . .
« L’anarchisme est la meilleure piste de lancement vers l’implosion créative. » - Enrico Baj
Baj Enrico dans son atelier
Affiche d'exposition / Enrico Baj


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Issu d'un milieu bourgeois, le peintre et sculpteur italien Enrico Baj est né à Milan en 1924. Dès l’âge de 14 ans, il peint et dessine. Très jeune, il marque son rejet de l'autorité en se moquant de dignitaires fascistes en visite dans sa ville natale, ce qui lui vaudra quelques problèmes avec la police. Il se réfugie à Genève en 1944 pour échapper à la conscription.

Baj fréquente, après la guerre, l'Académie des beaux-arts de Brera (1945-1948) et l’Université de droit de Milan ; il abandonnera rapidement cette dernière voie après avoir obtenu son diplôme. Baj se consacre à l’art à partir de 1950. A ses débuts, l’artiste s’inspire du tachisme ; il manifeste très tôt une prédilection pour le collage, modifiant par quelques coups de pinceau des papiers peints collés et des toiles conventionnelles, images pieuses ou paysages.

En 1951, il fonde le mouvement de l’Art Nucléaire avec Sergio Dangelo, mouvement éminemment politique qui oppose l’art à l’environnement moderne et menaçant de l’homme. Baj fonde ensuite, avec son ami Asger Jorn, un « Bauhaus imaginiste ». L’artiste, vers 1955, se rapproche de l’abstraction lyrique et crée - avec Edouard Jaguer et le peintre Dangelo – la revue « Il Gesto ». L’esprit combattant de Baj n’est jamais absent : il participe à la rédaction de plusieurs manifestes (« Contre le style » en 1957, « Art interplanétaire » en 1959, « Peinture et réalité » en 1960). Au milieu des années 50, Baj devient un véritable peintre de têtes, « Têtes Solaires », puis têtes de « Généraux », qu’il tourne en dérision, collant sur ces portraits, des morceaux d’étoffe, des passementeries désuètes, des décorations oubliées ou inventées. Au-delà de l’humour qui se dégage de ces œuvres, leur côté délirant fait apparaître leur côté subversif.














Entre 1959 et 1966, Enrico Baj se rapproche des surréalistes et participe avec eux aux manifestations officielles de ce mouvement. Breton lui consacre un essai. De sa fréquentation des poètes (André Breton, André Pieyre de Mandiargues, Octavio Paz, etc) naissent de nombreuses éditions illustrées. Enrico Baj s’exprimera abondamment par la gravure ; comme dans son œuvre peint, l’artiste y révèlera son esprit d’insubordination aux règles établies qu’il bouscule sans pudeur.

En 1972, le public découvre son œuvre majeure, le tableau-collage « Les funérailles de l’anarchiste Pinelli », exprimant encore son horreur de toutes les formes d’oppression. Dans les dernières années de sa vie, l’artiste peindra une série de toiles en protestation contre l’élection de Silvio Berlusconi. Enrico Baj aura été un peintre libre, inventif, corrosif, témoignant – sans pitié – de la multiplicité de la réalité.

Enrico Baj est mort à Vergiate (Italie) en 2003.