"Nous voulons développer chez le spectateur une forte capacité de perception et d'action." - Manifeste d'Art Cinétique (1963) "Assez de démystification"
Yaacov Agam est né en 1928 dans ce qui deviendra plus tard Israël. Au hasard de la vie, il s’installe à Paris en 1951. Il ne parle alors pas la langue française, ne connaît personne, n’a aucune introduction. Il y vit difficilement, mais finit par rencontrer quelques grands peintres comme Chagall ou Léger.
Agam s’intéresse déjà à l'introduction du temps et du mouvement dans l'art. Il participe en 1953, Chez Craven, à une première exposition. Remarqué, il fait partie de ceux qui seront invités à présenter leur travail à l’exposition « Le mouvement » (Vasarely, etc.), organisée en 1955 par la Galerie Denise René (L’artiste continue encore aujourd’hui a y être exposé). C’est le véritable départ d’une reconnaissance de son art. L'art cinétique d'Agam précipite alors la peinture dans le mouvement. Agam nomme « la quatrième dimension » la nouvelle notion qui introduit le temps et le mouvement dans l’art, nouvelle dimension qu’il veut spirituelle et conceptuelle. Elle se définit dans le temps réel, entre ceux qui regardent et des manipulations optiques ou cinétiques. Agam rencontre Brancusi, cette rencontre s’avère décisive. Il décide de ne plus « fixer arbitrairement » le contenu de ses toiles, recherchant maintenant sans cesse à présenter de nouveaux espaces visuels, la « mobilité dans l’immobilité ». Agam, tout au long de sa vie artistique, sera exposé en France et à l’étranger, en galeries comme dans les musées les plus prestigieux. Le "salon Agam" daté de 1974 (« L'antichambre des appartements privés du Président Pompidou ») inscrit l’artiste dans une certaine histoire de l'art psychédélique des années 70. Bien que sans doute un peu exclu du cénacle de l’art contemporain, son oeuvre en constant mouvement, composé d’une multitude de pratiques (peinture, oeuvre graphique, architecture, théâtre, cinéma, sculpture, numérique, etc.) est internationalement reconnu.