Tout en expérimentant et jouant avec une infinité des techniques, de supports, Piero Pizzi Cannella brise l’éphémère et fuyante démarcation qui existe entre mythe et quotidienneté, signe et représentation, parcours individuel et drame collectif. Mario Codognato
Piero Pizzi Cannella est né à Rocca di Papa (Italie) en 1955. Au milieu des années soixante-dix, il fréquente à Rome le cours de peinture d’Alberto Ziveri à l’Accademia di Belle Arti et s’inscrit en Philosophie à l’Université « La Sapienza ». Il ne mène pas ces études à leur terme, se consacrant rapidement à d’autres expériences. L’art conceptuel est, dans ces années, un point de passage obligé dans la formation d’un artiste contemporain. La froide logique de cet art s’avère cependant progressivement assez peu adaptée à l’artiste, davantage sensible à un langage de chair capable de provoquer l’émotion, d’instaurer un rapport qui ne soit pas purement cérébral.
Après s’être intéressé aux avant-gardes historiques, Pizzi Cannella se lance dans une phase d’intense expérimentation. Il participe, pratiquement dès sa création, aux activités de « La Stanza », galerie romaine autogérée par des artistes qui y exposent leurs travaux (Antonio Borzi, Stefano Di Stasio, Salvatore Marroe et Arnaldo Sanna, rejoints par Giuseppe Gallo, Bruno Ceccobelli, Alberto Di Stasio, Claudio Fazio et d’autres). La Galleria La Stanza sera précisément le lieu de la première exposition personnelle de l’artiste, en 1977 (puis de la seconde l’année suivante). L’exposition présente des travaux de l’artiste qui associent des séquences photographiques à des textes écrits.
Très rapidement l’artiste émet les premiers signes d’une rupture, qui devient de plus en plus nette, avec ces expériences néo-avant-gardistes. Pizzi Cannella se remet à dessiner, puis à peindre (fin des années 70). L’art de Piero Pizzi Cannella deviendra peu à peu un art du retrait et de l’apparente simplicité, l’artiste supprimant dans son art tous les éléments qui ne s’y avèrent pas indispensables. D’aucun y voit une peinture métaphysique qui se rapproche de celle de Giorgio Morandi.
Son oeuvre tourne autour de thèmes principaux que l’artiste traite séparément ou combine entre eux : chaises, lances, flèches, tambourins, robes, coquillages, … Aujourd’hui reconnu internationalement, Piero Pizzi Cannella est l’un des artistes le plus singulier d’une génération de peintres, qui a donné au cours des années 80, une interprétation nouvelle de l’objet : simple et souvent austère. Actuellement, l’artiste superpose les deux langages que sont la peinture et le dessin, voulant briser les barrières entre les deux modes d’expression.